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Mon deuxième boulot de barman commence bien. Au bout de 2 jours
seulement, j’ai dû dire « non » 4 fois. Certain(e)s trouveront que c’est peu. D’autres diront que c’est pas si mal. Il est vrai que la demande en mariage n’était pas une vraie demande.
En revanche si j’avais voulu, j’aurais couché avec 3 hommes différents dans la quarante-soixantaine. Des hommes pas du tout inintéressants mais complètement mariés, pas mal voyous et passablement
bourrés. Davantage que l’âge, la voyousie ou le statut marital, c’est la bourritude avancée qui m’a incitée à décliner poliment et avec art ces 3 offres. Je sors d’en prendre comme on dit, et je
crois sage de ne m’attaquer dorénavant qu’aux buveurs de thé et aux alcooliques repentis.
D’un point de vue strictement pratique, ce deuxième boulot élargit grandement mon terrain de chasse amoureux. On voit défiler au bar de belles brochettes d’hommes d’une grande variété. De l’assoiffé saisonnier à l’assoiffé annuel, du jeune, du vieux, du entre-deux âges, du local et du plus lointain, de l’alcoolique (beaucoup) mais du buveur de café aussi, du kabyle (beaucoup) mais aussi du gaulois montreuillois, de l’amerloque installé là depuis 30 ans, du musicien, de l’ouvrier prolo (beaucoup), du mec qui travaille dans le cinéma ou le tatouage, de l’ex-bandit, du marié (beaucoup), du célibataire, de l’accompagné, de l’habitué (beaucoup) et du passant, du fidèle et de l’infidèle (beaucoup), du noir du marron clair, du blanc hâlé, bref, il n’y a que l’embarras du choix.
Le fait qu’il y ait peu de femmes dans ce monde d’hommes me donne un avantage très certain. C’est moi qui suis aux commandes, je souris à qui je veux et c’est moi qui choisirai celui qui aura le droit de me tripoter les nichons. Personne n’a eu ce privilège et j’ai lutté pour défendre mon corsage ouvert sur mes opulences. Le patron m’a dit en rigolant qu’il ne fallait pas décourager le client. Je lui ai répondu que le désir pouvait mener à l’entêtement et partant, à vouloir remplir son verre éternellement dans l’espoir de pouvoir tirer un jour le cordon qui donne accès à ma poitrine.
Nous verrons bien la semaine prochaine si mes obsédés du cordon repointeront leurs doigts têtus ou si, de guerre lasse (car je compte bien faire de mon corps une citadelle imprenable), ils noieront leur déception dans toujours plus d’alcool. Ca sera bon pour ma réputation et ça fera marcher le commerce. Et puis le désir dans un bar, ça se transforme en pourboire. Donc plus on me désirera, plus j’arriverai à me désendetter. Il va falloir qu’on me désire réellement beaucoup et vite. Car compte tenu de l’état de mes finances et de ma cinquantaine, certes encore affriolante en quelques endroits de moins en moins nombreux mais qui s’obstine à m’entraîner dans la soixantaine, je n’ai plus de temps à perdre !
Pour célébrer le début de cette nouvelle activité, j’ai
appelé mes copains et mes nombreuses copines à venir me voir en action. Du coup, le bar s’est peuplé de femmes, belles, joyeuses, pas chichiteuses pour un rond, drôles, bavardes, intelligentes.
Et tous ces messieurs du bout du bar, un peu étonnés, un peu chamboulés dans leurs habitudes, ont soudain eu dans l’oeil une jolie petite lumière. Passé le moment du zut ! notre territoire
est envahi, nous ne pourrons plus dire autant de gros mots et ne parler que de PMU, de foot et d’histoires de bagarres, ils ont franchi la frontière qui les séparait du groupe des femmes qui
avaient commencé à danser, ils se sont mélangés, les mondes et les conversations se sont croisés et tout cela a formé une jolie salade composée.
Voilà. Je ne sais pas si dans ce nouveau lieu je
rencontrerai un amoureux. J’ai allumé quelques convoitises, mais convoitises peut rimer avec bêtises. Et moi je veux un amoureux qui rime (pour une fois) avec sérieux. Un peu sérieux. Et un
sobre. Afin de ne pas revivre l’opprobre. Comme avec mon ex prince tout pourri. Qui galope toujours dans ma tête.
Sur ce, je vous laisse avec la p’tite chanson coordonnée :
Les femmes aiment fort à sauver qui les perd (dit par Don Salluste dans Ruy Blas)
Victor Hugo
Il y a deux sortes d’amour : l’amour insatisfait, qui vous rend odieux, et l’amour satisfait, qui vous rend idiot.
Colette
Divorcer parce qu’on n’est plus amoureuse est aussi stupide que de se marier parce qu’on l’est.
Zsa-Zsa Gabor
Lorsque les femmes nous aiment, elles nous pardonnent tout, même nos crimes. Quand elles ne nous aiment pas, elles ne nous pardonnent rien. Pas même nos vertus.
Honoré de Balzac
Je m’ennuyais. Voilà comment ça a commencé. Elle m’ennuyait, voilà comment ça a fini.
Alexandre Dumas, fils
Ce qu’il y a d’ennuyeux dans l’amour, c’est que c’est un crime où l’on ne peut pas se passer d’un complice.
Charles Baudelaire, Mon coeur mis à nu.
L’amour est un je-ne-sais quoi, qui vient je-ne-sais-où, et qui finit je-ne-sais-quand.
Mlle de Scudéry
Plaignons les tourterelles, qui ne se baisent qu’au printemps !
Ninon de Lenclos
L’homme est plein d’imperfections mais on ne peut que se montrer indulgent si l’on songe à l’époque où il fut créé.
Alphonse Allais
Les chaînes du mariage sont si lourdes qu’il faut être deux pour les porter. Quelquefois trois.
Alexandre Dumas fils
Nous marier ? Des gens qui s’aiment !
Marivaux
Si le Christ a pardonné à la femme adultère, c’est parce que ce n’était pas la sienne.
Anonyme
Aimer, c’est n’avoir plus droit au soleil de tout le monde. On a le sien.
Marcel Jouhandeau
En amour, il y en a toujours un qui souffre et l’autre qui s’ennuie.
Honoré de Balzac
L’amour platonique est à l’amour charnel ce que l’armée de réserve est à l’armée active.
Pierre Dac
L’amour ? Des grands mots avant, des petits mots pendant et des gros mots après.
Edouard Pailleron
Un baiser légal ne vaut jamais un baiser volé.
Guy de Maupassant
La bigamie, c’est avoir une femme de trop. La monogamie aussi.
John Heywood
Fermer les maisons closes, c’est plus qu’un crime, c’est un pléonasme.
Arletty
Les combats de gladiateurs supprimés, les chrétiens instituèrent la vie conjugale.
Guido Ceronetti
Je vais vous raconter une histoire terrible sur la contraception orale. J’ai demandé à cette fille de coucher avec moi et elle m’a répondu non.
Woody Allen
Pour moi, les femmes sont comme les éléphants : elles sont belles à regarder mais je ne voudrais pas en avoir une à la maison.
W.C. Fields
J’aime deux sortes d’hommes : ceux de mon pays et les étrangers.
Mae West
Les liaisons commencent dans le champagne et finissent dans la camomille.
Valéry Larbaud
Le mariage est un dîner qui commence par le dessert.
Jules Sandeau
Il vaut mieux encore être marié qu’être mort.
Molière
Un ménage cesse d’être un ménage quand c’est la femme qui aboie et le chien qui apporte les pantoufles.
Henry Bernstein